#Algeria20 : La cybersécurité, un défi majeur en Afrique !

Basé à l’incubateur Sidi Abdallah d’Alger, Yassine Ourdani est le fondateur et CEO de la startup Algerie security group  spécialisée dans les systèmes d’informations, offrant du conseil d’intégration et de la formation dans les domaines du SSI (sécurité des systèmes d’informations). Yacine est en lice pour l’African Entrepreneurship Award et il est également lauréat de plusieurs concours de hacking, dont le dernier en date le Ficra, durant lequel il a fini à la troisième place.

Peux-tu revenir sur ton aventure au sein des African Entrepreneurship Awards ?

Ce concours, de bien plus grande envergure que ceux auxquels j’ai participé, est organisé par Bank of Africa et la Banque Marocaine du Commerce Extérieur, et sa nature panafricaine offre une rude concurrence. Mon parcours dans ce concours a commencé le 13 avril et je participe très bientôt à la finale qui aura lieu à Marrakech avec 249 autres finalistes (seulement 5% des 5000 startupers initiaux). Ce challenge, voué à dénicher les entreprises ou les porteurs de projets les plus innovants pour servir l’Afrique, est scindé en trois catégories : éducation, environnement et inexploré, dernière rubrique pour laquelle je participe.

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Pour se préparer, on est entouré de mentors qui ont une large expérience dans le domaine des TIC issus de grands laboratoires de recherche internationaux. Il y a également des experts algériens avec une large expérience à l’étranger, principalement dans la Silicon Valley. Le jury est lui aussi, très international, donc même si je ne décroche pas le challenge je suis bénéficiaire. De plus, je suis le seul “survivant algérien” sur près de 50, alors que le Nigeria, qui possédait 3000 projets (les TIC dans ce pays sont très innovants) dispose de presque soixante représentants en phase finale. Le Maroc est également très stimulé et présent dans cette phase en raison de la présence du concours sur leur sol. Du 2 au 10 octobre il y aura en prémices du concours, un boostcamp très accéléré encadré par ces mentors pour nous préparer au mieux à affronter un jury très pointu (parmi eux entre autres, le meilleur banquier 2007). Mais on a l’habitude d’assister ou d’organiser à ce genre de challenge.

Présente-nous ta startup et dis-nous comment le projet a-t-il évolué ?

Notre startup est composée d’une vingtaine de membres, parmi eux, nous avons un docteur en technologies biométriques, des cryptographes, des experts consultants en sécurité et même des hackers (que je souhaitais regrouper en associations, mais la législation algérienne ne le permet malheureusement pas).

La recherche elle, a débuté en 2012. L’année suivante nous avons cherché à optimiser ce système via la prise de l’image dorsale de la main, le matching (identification et authentification) avant d’arriver à un délai de réponse optimal (calculable aujourd’hui en millisecondes). En 2014, nous avons travaillé sur ce qui est embled system pour embarquer la solution dans les smartphones. Et enfin cette année, plutôt administrative, a été dédiée à la création de la startup.

Je peux vous dire aujourd’hui que la solution est complétée à 80% ce qui nous permet de la lancer sur le marché.

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Peux-tu nous détailler la technologie que vous développez ?

J’ai en fait recruté une équipe d’étudiants pour travailler sur la biométrie (initialement développée au Japon en 2003 et opérationnelle depuis 2014). Cette technologie utilise la capture veineuse, donc les doigts, paume ou dos de la main, via une capture infrarouge ou thermique, donc j’ai pensé à développer cette technologie sur les smartphones. Ne pouvant équiper ces derniers de capteurs thermiques ou infrarouge, on a pensé à utiliser les photons lumineux de la caméra du smartphone, via le développement d’algorithmes très complexes et puissants.

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Plus généralement, que penses-tu de l’écosystème algérien?

Encore très, très timide mais il est sur la bonne voie même si des problèmes subsistent, en particulier la juridiction concernant le paiement numérique. Le premier paiement ou transfert électronique bloque encore. Les organismes existants (SATIM + AGIM) ont une volonté de transférer l’économie classique vers l’économie numérique,de plus, la stratégie existe mais malheureusement cette volonté a été très retardée ; ainsi le projet Algérie 2013, reposant sur 14 axes majeurs d’une économie numérique comme l ‘éducation, la santé, la e-administration, le paiement électronique, etc. a été prolongé jusqu’en 2020. Malgré cela, l’écosystème est tout de même favorable, notamment en raison de la jeunesse du pays (près de 70% de la population), de la possession d’excellentes universités en matière de formation informatique, même si, les ingénieurs partent malheureusement à l’étranger au lieu de servir leur pays, tant pis !

On travaille ainsi en coopération avec des acteurs numériques étrangers qui ont une large expérience, ils nous encadrent, nous conseillent, il y a une grosse interconnexion entre les algériens et ceux qui ont immigrés. L’écosystème est selon moi favorable mais il faut travailler dessus, gommer les obstacles, “tous les avions décollent face au vent” comme disait  Rafik Chala, intervenant à Algeria2.0.

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L’Algérie est-elle prête culturellement à passer au paiement en ligne ?

Moralement, il faudra des campagnes. Même si, à l’image du déploiement de la 3G, on voit que l’algérien aime utiliser les services sur internet. En effet, il a provoqué un large engouement national pour les TIC et, en l’espace de 2-3 ans, le pays se retrouve avec plus de 8 millions d’abonnés. D’ailleurs au sein de la génération Y (informatisée), 74% des 18-24 ans utilisent la 3G et 63% entre 24 et 30 ans. L’engouement pour le paiement mobile sera selon moi similaire, je suis confiant par rapport à ça. La sécurité de ces paiements est d’ailleurs liée et qui plus est primordiale, donc on participe vivement à ça avec l’étroite collaboration d’ingénieurs étrangers pour la mise en place d’un système fiable (je ne dis pas 100% car la sécurité à 100% n’existe pas). On fait donc de la recherche et développement pour minimiser les risques.

Pourquoi être venu à Algeria 2.0 ?

La venue d’africains sub-saharien m’a permis de tisser des liens très importants avec mes amis du continent. La révolution du paiement électronique a été initiée en Afrique subsaharienne, au Kenya notamment, on souhaite apporter un surplus en matière de sécurité tout simplement car les clients recherchent la sécurité donc si on peut lui offrir une sécurité maximale il sera attiré par le service

As-tu des projets d’expansion ?

Oui notre vocation est internationale (jusqu’au moyen-orient notamment). Par exemple Ooredoo est d’origine qatarie donc on peut espérer que le quartier général de l’opérateur me sollicitera. C’est une de nos stratégies d’entreprise.

Pour finir as-tu des conseils pour un jeune entrepreneur algérien qui souhaite se lancer ?

Dans les pays dits développés, on ne parle déjà plus d’incubateur mais d’accélérateur de startups, donc j’encourage mes amis algériens fraîchement diplômés à oser développer d’avantage leur projet de fin d’étude à l’image des asiatiques. Ceux-ci développent en effet leur projet de fin d’études en mettant en place des solutions pour créer leur startup, plutôt que de rejoindre des entreprises.

Dans les domaines sensibles de la e-sécurité, je suis disposé à les aider !

Pour finir je souhaite lancer un appel aux prodiges de pays, en effet, de nombreux algériens qui n’ont pas bénéficié de l’éducation nécessaire, sont néanmoins d’excellents hackers spécialisés dans la sécurité.


Curieux et ouvert sur l’international, Olivier est issu d’une formation de journaliste. Il voue ainsi une grande passion à l’information au sens élargi du terme et s’intéresse de près aux pays émergents. Sa récente expérience au sein de Digital Business News, la Web TV des entrepreneurs de la French Tech, a réveillé son attrait pour les secteurs de la high-tech, de l’économie et de l’entrepreneuriat digital à travers le monde. Il a rejoint StartupBRICS où il est aujourd’hui Rédacteur Pays Emergents.


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