Learning Horizon, la plateforme qui veut faire reculer le chômage des jeunes au Nigeria

Pour Adebayo Oyewole, le fondateur de la startup EdTech Learning Horizon, le secteur de la formation est plein d’opportunités en Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement au Nigeria, où plus de 60% de la population a moins de 24 ans. La particularité de cet entrepreneur nigerian est qu’il est accompagné depuis près d’une année par l’incubateur de l’African Leadership Network. Accompagnement qui lui a notamment permis d’entrer en relation avec plusieurs investisseurs et business angels en Afrique et dans le monde. Rencontre à Marrakech, en marge du forum annuel de l’African Leadership Network.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Adebayo Oyewole, je viens du monde du conseil en management et en stratégie. J’ai débuté ma carrière en travaillant pour des multinationales aux États-Unis. Puis j’ai déménagé au Nigeria pour lancer ma start-up, Learning Horizon. Le problème que nous avons identifié est un problème d’emploi, en particulier chez ceux qui sortent de l’université et représentent la force de travail prête à performer dans le marché de l’emploi. Donc nous avons souhaité nous focaliser sur le développement du cursus de base, sur ce qui améliorerait l’employabilité qui est le problème que nous rencontrons actuellement. Nous avons une jeunesse de 20 millions de personnes au chômage au Nigeria aujourd’hui et nous voulons bien évidemment réduire ce nombre.

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Vous dites vouloir fournir un contenu éducatif au Nigerian, quelle est votre cible ? Principalement l’anglais ? Pour les jeunes ou les adultes ?

Le marché visé est celui des entreprises pour le moment, mais nous développons également une formation pour les particuliers. Quand je dis entreprises, il s’agit d’entreprises qui ont déjà embauché des jeunes diplômés. Le programme de formation en question rassemble le développement de la force de travail, l’aptitude d’être prêt à travailler (work readyness), l’anglais, l’entrepreneuriat ; ce sont les cursus que nous allons offrir sur notre plate-forme 100 % en ligne.

Vous êtes basés au Nigeria ?

Uniquement au Nigeria oui.

Nous n’avons pas de contenus pour le moment pour les pays francophones en Afrique mais c’est l’un de nos chevaux de bataille.

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Votre business est-il exportable ?

Pour l’instant non mais à terme oui. Le programme de l’accélérateur African Leadership Ventures, auquel j’ai participé plus tôt cette année, nous a donné l’opportunité de rencontrer d’autres entrepreneurs africains. Et nous avons noué des partenariats avec une organisation en Afrique du Sud et grâce à ce programme nous seront capables de fournir des facilités aux entrepreneurs sud-africains. Il y a des discussions en cours et j’espère que d’ici la fin de l’année l’Afrique du Sud et d’autres pays anglophones comme le Ghana seront prospectés. Nous n’avons pas de contenus pour le moment pour les pays francophones en Afrique mais c’est l’un de nos chevaux de bataille.

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Comment gagnez-vous vous revenus ?

Nous faisons de l’argent car la facturation se fait par tête et par cours et si vous choisissez de faire une leçon de business, nous facturons par tête. Nous sommes très attentifs à la capacité des gens à payer. Donc le coût pour les formations en entreprise sont d’une certaine manière moins élevée car ils peuvent payer les licences, pour les particuliers ces derniers peuvent payer en ligne via un portail électronique ce qui nécessite une licence.

Avez-vous un prototype du premier concept ?

Oui nous avons un premier prototype, nous sommes d’ailleurs en train de finaliser la phase de test et de pilotage.

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Oui nous avons un premier prototype, nous sommes d’ailleurs en train de finaliser la phase de test et de pilotage sûrement pour le mois de décembre

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Comment pouvez-vous faire payer votre contenu au Nigeria ? Compte tenu du fait que l’usage de la carte de crédit est très restreint ? Comment pouvez-vous monétiser ce service en ligne ?

Il y a plusieurs moyens, en effet la pénétration de l’usage des cartes de paiement au Nigeria est faible mais cela s’améliore sur un rythme quotidien, il existe aussi des moyens de paiements électroniques alternatifs comme Paga, Slimtrade, SimplePay qui émergent. La banque centrale du Nigeria nous a dit il y a deux ans qu’elle favoriserait le paiement par carte en soutenant par exemple les sociétés nationales : elle veut ainsi que le nombre de cartes de crédit augmente. Nous allons voir et restons plutôt optimiste.

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Comment inciter les nigerians à abandonner le cash au profit du paiement électronique ? N’est ce pas trop difficile ?

Ce que vous dites est juste mais il faut réfléchir à la fois sur le court et le long terme même si nous ne pouvons continuer dans l’état actuel des choses, c’est-à-dire continuer à utiliser de l’argent liquide. De plus en plus d’entreprises ou d’organisations demandent à avoir un compte en banque pour payer leurs salariés. La banque centrale insiste même désormais pour que chaque client possède un numéro biométrique de vérification et la manière de l’obtenir et de créer un compte en banque. La plupart des gens vont désormais être payé sur un compte,  c’est donc ainsi que les banques et les organisations obligent les particuliers à se munir une carte de crédit. C’est un changement culturel que je n’aurais pas soupçonné il y a trois ans mais il est aujourd’hui très significatif.

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Parlez-moi des racines de votre projet. Vous disiez vivre aux États-Unis avant de revenir à Lagos, quel effet d’être entrepreneur Tech aujourd’hui au Nigeria ?

Pour moi c’est un moment excitant depuis que j’ai déménagé il y a six ans et demi au Nigeria. C’est très excitant actuellement car il y a beaucoup d’innovations, beaucoup de jeunes qui sont très bien formés même s’ils sont autodidactes. Vous avez pu constater que certaines personnes manquaient de compétences en programmation ou en code, qui ont appris cela sur le tard. Avec Learning Horizon, nous allons offrir des cours en ligne sous forme de tutoriels. La plupart de ces jeunes ne sont pas allés à l’école, au MIT ou à Stanford et ont besoin de conseils de mentors et de qualifications techniques pour les amener au niveau supérieur.

Quels sont vos objectifs ? Combien de clients souhaitez-vous acquérir la première année et les trois prochaines années ? Souhaitez-vous lever des fonds si oui combien ?

2.500 clients pour la première année. Nous sommes également à la recherche de levée de fonds : nous avons un ou deux investisseurs, grâce à l’African Leadership Network, qui nous ont dit clairement qu’il souhaiterait intégrer notre capital pour booster notre développement et nous aider à décoller. Les négociations sont en cours.

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Consultant, Blogueur et Fondateur de StartupBRICS (www.startupbrics.com), Samir Abdelkrim a lancé #TECHAfrique en avril 2014 : une aventure entrepreneuriale à la rencontres des startups africaines et des acteurs qui font battre le pouls de l'Afrique 2.0


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